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Comment le modèle Thomas-Kilmann peut améliorer la collaboration au travail ?

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L’amélioration de la collaboration en entreprise ne dépend pas seulement d’outils ou de process : elle repose surtout sur la manière dont les individus réagissent face aux désaccords. Le modèle Thomas-Kilmann (TKI) est l’un des outils les plus utilisés pour analyser ces comportements. Il ne promet pas une équipe idéale, mais il offre un cadre clair pour identifier les attitudes adoptées lorsqu’un différend surgit.

Le mode “Compétition” : quand imposer son point de vue devient un choix assumé

Le mode Compétitif correspond à une attitude orientée vers ses propres intérêts. Un collaborateur qui adopte ce style cherche à faire passer son opinion avant celle des autres.

Dans un environnement professionnel, ce mode peut stabiliser une situation urgente. Exemple : un responsable informatique qui tranche sans concertation lors d’une panne critique pour rétablir le système au plus vite.

Mais utilisé trop souvent, ce comportement crée un climat où chacun tente d’avoir le dernier mot. Pour améliorer la collaboration, ce mode doit rester ponctuel et justifié par un enjeu clair : sécurité, délai compressé ou nécessité de réagir immédiatement.

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Le mode “Accommodant” : utile pour apaiser, nocif quand il devient habituel

Le style Accommodant se caractérise par une volonté de laisser de la place aux autres. Certaines personnalités y ont naturellement recours pour désamorcer des conflits.

Dans une équipe, cela peut maintenir un climat serein. Par exemple, un graphiste qui accepte un léger changement demandé par un collègue marketing pour ne pas retarder une campagne.

Toutefois, lorsqu’une personne adopte constamment ce comportement, elle finit par s’effacer, ce qui détériore à long terme la coordination. Les non-dits s’accumulent, les frustrations surgissent et la qualité du travail baisse.

Le modèle TKI aide alors à identifier ce réflexe pour encourager un positionnement plus affirmé lorsque l’enjeu le nécessite.

Le mode “Évitement” : une attitude plus fréquente qu’on ne le croit

L’Évitant n’affronte pas directement la situation : il reporte, esquive ou minimise le désaccord.

Dans certaines circonstances, cela peut être une décision judicieuse : éviter une discussion à chaud ou temporiser lorsqu’un dossier manque d’informations.

Cependant, appliqué à répétition, ce comportement empêche l’équipe d’avancer. Les tensions se déplacent au lieu d’être traitées. Les tâches restent en suspens, les responsabilités deviennent floues.

Le modèle Thomas-Kilmann permet de mettre en lumière ces situations trop souvent invisibles au quotidien. Il devient alors possible de réintroduire un dialogue et de débloquer les dossiers laissés en attente.

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Le mode “Compromis” : une solution intermédiaire qui peut sauver un projet

Le style Compromis est souvent perçu comme la voie la plus raisonnable. Chacun renonce à une partie de ses attentes pour obtenir une issue acceptable.

Ce comportement se révèle particulièrement utile lorsque deux équipes doivent avancer rapidement malgré des besoins différents. Exemple : un service commercial et un service produit qui trouvent un terrain d’entente sur les fonctionnalités à livrer dans une prochaine version.

Toutefois, cette solution n’est pas toujours optimale. Elle peut conduire à une perte de qualité, à un accord trop vague ou à des livrables affaiblis.

Le TKI montre que ce style n’est efficace que si toutes les parties sont prêtes à coopérer et si l’objectif final reste clair.

Le mode “Collaboration” : l’approche qui renforce réellement le travail d’équipe

Le mode Collaboratif est le plus exigeant, mais aussi celui qui stimule le plus fortement la cohésion.

Ici, chacun expose son point de vue, écoute celui des autres et recherche une solution capable de satisfaire pleinement toutes les parties. Ce processus prend plus de temps, mais il renforce la confiance et la qualité du travail en profondeur.

Exemple : lors d’un projet transversal, deux équipes exposent leurs contraintes, explorent les options possibles et construisent ensemble une solution alignée avec les enjeux globaux de l’entreprise.

Grâce au modèle Thomas-Kilmann, les équipes apprennent à identifier quand ce mode est pertinent : projets structurants, décisions engageantes, sujets complexes nécessitant l’implication de tous.

Comment appliquer réellement le modèle Thomas-Kilmann dans une équipe ?

Le TKI n’est pas un tableau théorique : il sert de référence pour analyser les réactions et adapter les comportements. Pour qu’il devienne réellement utile, trois leviers sont essentiels :

Faire émerger les styles dominants de l’équipe

Chaque collaborateur a un mode préférentiel. Le révéler permet d’anticiper les tensions, de mieux répartir les responsabilités et de réduire les incompréhensions.

Encourager la variété des comportements

Un projet ne nécessite pas toujours la même posture. Le TKI incite les équipes à choisir le style le plus adapté à la situation, et non à agir par habitude.

Favoriser la transparence dans les échanges

Le modèle devient puissant lorsque chacun peut exprimer ses attentes et ses limites sans être jugé. Ce climat permet de passer d’un réflexe individuel à une dynamique collective.

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