Aller au contenu
Accueil » À quel moment une startup doit-elle faire appel à un expert-comptable ?

À quel moment une startup doit-elle faire appel à un expert-comptable ?

  • par

Faire appel à un expert-comptable dès la création d’une startup permet de poser des bases financières solides avant même les premières factures. Le professionnel peut intervenir sur le choix du statut, la construction du prévisionnel, la fiscalité, la trésorerie et les premiers financements. Son intervention devient encore plus utile lorsque la société commence à recruter, à facturer régulièrement, à rechercher des investisseurs ou à préparer une levée de fonds.

Aucune règle générale n’impose à une SAS ou à une SARL de confier sa comptabilité à un expert-comptable. Le dirigeant peut organiser lui-même sa comptabilité, à condition de respecter les obligations applicables. Dans une startup, cependant, la rapidité des décisions et les enjeux financiers rendent l’accompagnement professionnel particulièrement intéressant.

L’enjeu n’est donc pas seulement de savoir si une startup doit avoir un expert-comptable, mais surtout de déterminer à quel stade son intervention apporte le plus de valeur.

🚀 Dès la création, l’expert-comptable peut sécuriser les premiers choix

La création d’une startup donne lieu à une succession de décisions qui auront des conséquences pendant plusieurs années. Le choix de la forme juridique, le régime fiscal, la rémunération du dirigeant, le traitement des dépenses professionnelles ou encore la préparation d’une future levée de fonds ne devraient pas être décidés uniquement à partir de modèles trouvés en ligne.

L’expert-comptable peut intervenir avant l’immatriculation afin d’étudier le projet dans son ensemble. Une startup destinée à accueillir rapidement plusieurs associés et à rechercher des investisseurs n’aura pas nécessairement les mêmes besoins qu’une petite société créée par un seul fondateur avec une activité commerciale classique.

La SAS est fréquemment retenue dans l’écosystème startup, notamment pour sa souplesse statutaire et sa capacité à organiser l’entrée de nouveaux investisseurs. La SARL peut également convenir à certains projets, notamment lorsque les associés souhaitent évoluer dans un cadre juridique plus encadré. Le choix ne doit toutefois pas être effectué uniquement en fonction de la popularité d’un statut.

Le traitement fiscal mérite lui aussi une étude préalable. TVA, impôt sur les sociétés, rémunération du dirigeant, dividendes et dépenses professionnelles doivent être intégrés dans les simulations financières.

A lire aussi: Bilan comptable obligatoire ou non : comment savoir si votre entreprise est concernée ?

Un prévisionnel financier qui ne repose pas uniquement sur le chiffre d’affaires

Le prévisionnel est souvent présenté aux banques ou aux investisseurs comme un document destiné à présenter le potentiel économique du projet. Pour le fondateur, il constitue surtout un outil permettant d’anticiper les besoins de trésorerie.

Une startup peut afficher une forte croissance commerciale tout en consommant beaucoup de liquidités. Les salaires, les logiciels, les locaux, les dépenses marketing, les prestataires, les équipements et les investissements peuvent être engagés plusieurs mois avant que l’activité ne génère suffisamment de recettes.

L’expert-comptable peut donc aider à construire plusieurs scénarios : prudent, intermédiaire et ambitieux. Le dirigeant obtient alors une vision plus précise du montant nécessaire pour financer les premiers mois d’activité.

SujetTravail possible de l’expert-comptable
Statut juridiqueAnalyse des conséquences fiscales et sociales
PrévisionnelConstruction des hypothèses financières
TrésorerieEstimation des besoins de financement
FiscalitéChoix et anticipation des obligations
InvestissementsIntégration des dépenses dans les projections
FinancementPréparation des données destinées aux financeurs

📊 Dès les premières factures, la comptabilité devient un véritable outil de pilotage

Une fois la société créée, les opérations comptables commencent rapidement : factures clients, achats, abonnements logiciels, frais professionnels, mouvements bancaires, TVA, rémunérations éventuelles et dépenses liées au développement du produit.

À ce stade, certains fondateurs choisissent de gérer eux-mêmes leurs opérations comptables à l’aide d’un logiciel. Cette solution peut fonctionner pour une activité très simple. Elle devient toutefois plus délicate lorsque le nombre de transactions augmente ou que plusieurs problématiques fiscales apparaissent simultanément.

L’expert-comptable peut alors prendre en charge ou superviser la tenue comptable, les déclarations fiscales et la préparation des comptes annuels. Le dirigeant conserve ainsi une vision régulière de la situation financière sans devoir consacrer une partie importante de son temps à la production comptable.

Cette organisation permet également de disposer de données fiables pour répondre aux demandes d’une banque, d’un investisseur ou d’un partenaire financier.

💶 La trésorerie devient prioritaire dès que la startup commence à dépenser

Une startup peut mourir de manque de liquidités alors même que son modèle économique présente un potentiel commercial important. Cette situation explique pourquoi la trésorerie mérite une attention particulière dès les premiers mois.

Le rôle de l’expert-comptable ne consiste pas uniquement à enregistrer les opérations déjà réalisées. Il peut également aider le dirigeant à construire un tableau prévisionnel des encaissements et des décaissements.

Imaginons une startup qui facture 50 000 € par mois, avec des clients qui règlent à 60 jours. Elle peut avoir plusieurs dizaines de milliers d’euros de créances clients alors que ses salaires et fournisseurs doivent être payés immédiatement. Le chiffre d’affaires ne correspond donc pas automatiquement à l’argent disponible sur le compte bancaire.

Le suivi du besoin en fonds de roulement, des délais clients et des échéances fournisseurs devient alors indispensable pour anticiper les périodes de tension.

Le burn rate donne une autre vision de la situation

Dans l’univers des startups, le burn rate désigne généralement le rythme auquel une société consomme sa trésorerie.

Supposons qu’une entreprise dispose de 600 000 € disponibles et qu’elle dépense en moyenne 50 000 € de plus qu’elle n’encaisse chaque mois. Sa trésorerie théorique lui offre environ douze mois de marge, avant prise en compte de nouveaux financements ou d’une évolution de son activité.

L’expert-comptable peut aider à fiabiliser ces calculs et à intégrer les dépenses futures, les recrutements prévus, les investissements et les échéances fiscales.

A voir également: ACOM Expert-Comptable, quel accompagnement pour les entreprises ?

👥 Le premier recrutement constitue un autre moment important

Le premier salarié marque souvent une nouvelle étape pour une jeune entreprise. Il ne suffit plus de gérer les factures et les comptes bancaires : l’entreprise doit désormais traiter la paie, les déclarations sociales, les congés, les avantages éventuels et les obligations liées à l’employeur.

Le coût d’une embauche doit également être calculé correctement. Le salaire brut n’est qu’une partie du budget consacré au recrutement. Il faut intégrer les cotisations patronales, les congés payés, les éventuels avantages, le matériel, les logiciels et parfois les coûts liés au recrutement.

L’expert-comptable peut établir une simulation du coût global avant la signature du contrat. Cette information permet au fondateur de vérifier si son niveau de trésorerie permet d’assumer durablement cette nouvelle dépense.

Pour une startup qui prévoit de recruter plusieurs personnes rapidement, cette analyse devient encore plus importante. Quelques embauches supplémentaires peuvent modifier très rapidement le niveau de trésorerie disponible.

💻 Les startups innovantes doivent aussi examiner les dispositifs fiscaux

Les jeunes entreprises développant un logiciel, une technologie ou un procédé innovant peuvent potentiellement être concernées par différents dispositifs fiscaux.

Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) peut notamment concerner certaines dépenses de recherche et développement lorsqu’elles répondent aux critères prévus par la réglementation. Le dispositif ne doit pas être confondu avec une simple réduction générale des coûts de développement : les travaux et dépenses doivent répondre à des conditions précises.

Le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) peut également concerner certaines entreprises répondant aux critères prévus par les textes.

Dans ces dossiers, l’intervention d’un professionnel permet notamment d’identifier les dépenses potentiellement concernées, de documenter les travaux et de préparer les éléments comptables nécessaires.

Il est préférable d’examiner ces dispositifs suffisamment tôt plutôt que d’attendre la clôture de l’exercice pour tenter de reconstituer les informations.

💼 La première levée de fonds marque un tournant

Pour une startup qui prépare une levée de fonds, l’expert-comptable peut devenir un interlocuteur particulièrement utile. Les investisseurs ne regardent pas uniquement le chiffre d’affaires. Ils peuvent demander des informations sur la trésorerie, les charges, les dettes, les contrats, les créances, les prévisions financières et la structure du capital.

Le dossier financier doit donc être cohérent avec les autres documents présentés aux investisseurs.

L’entreprise peut également être soumise à une due diligence financière. Cette procédure consiste notamment à examiner les informations financières et comptables de la société afin d’identifier d’éventuelles anomalies, engagements ou risques.

Une comptabilité bien tenue facilite considérablement cette phase. À l’inverse, des comptes incomplets ou des dépenses mal classées peuvent provoquer des demandes supplémentaires et ralentir les discussions.

La valorisation ne repose pas uniquement sur le chiffre d’affaires

La valorisation d’une startup dépend de nombreux éléments : revenus actuels, croissance, marché visé, technologie, propriété intellectuelle, rentabilité potentielle, récurrence des revenus et perspectives de développement.

L’expert-comptable peut apporter des données financières fiables permettant aux fondateurs de défendre leurs hypothèses face aux investisseurs.

Il ne remplace évidemment pas un conseil spécialisé en levée de fonds, mais son travail contribue à établir une base financière cohérente.

📑 À partir d’un certain volume, déléguer devient presque incontournable pour le dirigeant

Au début, un fondateur peut consacrer quelques heures par mois à ses factures et à ses relevés bancaires. Mais cette charge évolue avec le développement de l’entreprise.

Lorsque la startup possède plusieurs salariés, des dizaines ou centaines de factures, plusieurs comptes bancaires, des opérations internationales ou différents investisseurs, la comptabilité demande beaucoup plus de temps.

Le dirigeant doit alors arbitrer entre deux possibilités : consacrer une partie croissante de son temps aux tâches administratives ou déléguer une partie du travail à un professionnel.

Cette décision dépend évidemment du budget disponible. Une startup disposant de ressources limitées peut commencer avec une formule adaptée à son volume d’opérations, puis faire évoluer l’accompagnement au fur et à mesure de sa croissance.

🔍 Tous les moments ne nécessitent pas le même niveau d’accompagnement

Il n’est pas forcément nécessaire de demander exactement les mêmes prestations pendant toute la vie de la startup. Les besoins évoluent.

Stade de la startupBesoin comptable dominant
Avant créationStatut, fiscalité, prévisionnel
Premiers moisComptabilité, TVA, trésorerie
Premières embauchesPaie et charges sociales
Forte croissanceReporting financier et prévisionnel
CIR / JEIQualification et documentation des dépenses
Levée de fondsDonnées financières et préparation de la due diligence
Croissance internationaleTVA, opérations internationales et règles locales
StructurationReporting et analyse financière

Cette approche permet d’adapter le budget consacré à l’accompagnement comptable au niveau réel de maturité de l’entreprise.

🧮 Comment savoir si votre startup a déjà besoin d’un expert-comptable ?

Plusieurs signaux peuvent justifier une prise de contact immédiate. Si le fondateur hésite sur le statut juridique, prépare son premier financement, prévoit une embauche, commence à facturer des clients étrangers ou envisage une levée de fonds, il est préférable de ne pas attendre la clôture du premier exercice.

La multiplication des factures constitue également un signal. Une entreprise qui réalise peu d’opérations peut parfois gérer une partie de ses tâches administratives seule. Une société dont le volume d’opérations augmente rapidement risque en revanche de consacrer trop de temps à des tâches qui pourraient être déléguées.

Enfin, la présence d’un investisseur ou d’associés supplémentaires rend la qualité de l’information financière encore plus importante. Les décisions ne reposent plus uniquement sur le fondateur : plusieurs personnes doivent pouvoir accéder à des données financières fiables.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *