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Tracfin peut-il surveiller les transactions en cryptomonnaies ?

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Tracfin peut analyser et retracer des flux liés aux cryptomonnaies, notamment lorsqu’ils apparaissent dans les informations transmises par les professionnels soumis aux obligations de lutte contre le blanchiment. Le service de renseignement financier du ministère de l’Économie dispose également d’outils et de compétences dédiés à l’analyse des transactions réalisées sur les blockchains.

Cela ne signifie pas que Tracfin surveille individuellement chaque transaction en temps réel. Son travail repose notamment sur les déclarations de soupçon, les informations communiquées par les administrations et organismes publics, ainsi que l’analyse des flux financiers susceptibles d’être liés à des activités illicites.

En 2025, les prestataires de services sur crypto-actifs ont transmis 4 850 déclarations de soupçon à Tracfin, soit une progression de 58 % sur un an. Les crypto-actifs occupent ainsi une place croissante dans les investigations financières.

🔎 Les plateformes crypto transmettent des informations à Tracfin

Les prestataires doivent surveiller les opérations de leurs clients

Les plateformes proposant des services sur crypto-actifs sont soumises à des obligations de vigilance et de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elles doivent notamment connaître leurs clients et surveiller certaines opérations au regard du niveau de risque identifié.

Lorsqu’une opération présente des éléments susceptibles de caractériser un soupçon, le professionnel concerné peut transmettre une déclaration de soupçon à Tracfin. Il n’existe pas de montant minimum à partir duquel une telle déclaration devient automatiquement obligatoire.

Le dispositif ne concerne d’ailleurs pas uniquement les plateformes spécialisées dans les cryptomonnaies. Les banques et établissements financiers peuvent également transmettre des déclarations lorsqu’ils identifient des mouvements inhabituels liés à des plateformes d’échange ou à des opérations en crypto-actifs.

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Les signalements crypto progressent fortement

Les chiffres récents montrent la place croissante du secteur dans le dispositif français de lutte contre le blanchiment. En 2025, Tracfin a reçu 4 850 déclarations de soupçon provenant des prestataires de services sur crypto-actifs, contre un niveau inférieur l’année précédente.

Cette hausse ne signifie pas que toutes les opérations signalées sont frauduleuses. Une déclaration de soupçon correspond à une information transmise lorsqu’un professionnel estime qu’une opération ou des fonds présentent des caractéristiques justifiant un signalement.

Tracfin analyse ensuite ces informations avec d’autres données disponibles afin de déterminer si elles peuvent révéler un circuit financier illicite.

📊 La blockchain permet de retracer les mouvements de fonds

Les transactions publiques laissent une trace numérique

L’idée selon laquelle une transaction en cryptomonnaie serait totalement anonyme est inexacte pour les blockchains publiques. Sur des réseaux comme Bitcoin ou Ethereum, les opérations sont enregistrées dans un registre accessible publiquement.

Une adresse de portefeuille n’indique pas directement le nom de son propriétaire. Elle constitue toutefois un identifiant pseudonyme auquel peuvent être associés différents mouvements de fonds.

L’analyse consiste notamment à examiner les transactions entre plusieurs adresses, les montants transférés, leur chronologie et les interactions avec différents services. Lorsqu’une adresse est associée à une identité connue, certaines opérations précédentes peuvent alors être rapprochées de cette identité.

Les outils d’analyse blockchain complètent les données déclaratives

Tracfin dispose de compétences spécialisées dans l’analyse des crypto-actifs et peut exploiter les informations disponibles sur les réseaux blockchain en complément des signalements reçus.

L’analyse dite on-chain permet de reconstituer des mouvements de fonds entre différentes adresses. Elle peut également mettre en évidence des liens entre plusieurs portefeuilles ou des transferts passant par différents intermédiaires.

Cette méthode ne signifie toutefois pas que l’identité du propriétaire d’une adresse est automatiquement connue. Le rapprochement avec une personne nécessite généralement de disposer d’autres informations, par exemple lorsqu’un portefeuille interagit avec une plateforme ayant effectué les contrôles d’identité prévus par la réglementation.

Les opérations complexes peuvent également être examinées

Les investigations ne se limitent pas à un simple transfert de bitcoins d’une adresse à une autre. Les enquêteurs peuvent être confrontés à des smart contracts, à des échanges entre différents crypto-actifs ou à des circuits impliquant plusieurs plateformes.

La multiplication des intermédiaires peut rendre l’analyse plus complexe, mais elle ne supprime pas nécessairement les traces laissées sur les blockchains publiques.

L’analyse des transactions doit alors être associée aux informations issues des plateformes, des établissements financiers et des autres organismes susceptibles de détenir des renseignements sur les personnes ou entreprises concernées.

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🌍 Tracfin peut reconstituer des circuits qui dépassent la France

Les investigations financières ne s’arrêtent pas aux frontières

Les cryptomonnaies circulent facilement entre différents pays. Une opération peut ainsi faire intervenir un utilisateur français, une plateforme située dans un autre État et plusieurs adresses blockchain réparties sur différents réseaux.

Tracfin peut donc travailler avec des cellules de renseignement financier étrangères et d’autres partenaires institutionnels lorsque les flux analysés dépassent le territoire français.

Cette coopération permet de rapprocher des informations qui seraient difficiles à réunir à partir d’une seule source nationale.

Les échanges avec les banques apportent d’autres informations

La blockchain ne constitue qu’une partie des éléments pouvant être exploités. Les mouvements entre un compte bancaire et une plateforme crypto peuvent notamment apporter des informations permettant de relier une identité réelle à une activité réalisée sur la blockchain.

Un virement bancaire vers une plateforme d’échange, un retrait en euros après la vente de crypto-actifs ou des mouvements financiers inhabituels peuvent ainsi être rapprochés des transactions observées sur la blockchain.

Source d’informationExemple de données exploitées
Blockchain publiqueAdresses, transactions, montants et chronologie
Plateforme cryptoIdentité du client et historique des opérations
BanqueVirements vers ou depuis une plateforme
Déclaration de soupçonAnalyse réalisée par le professionnel
AdministrationsInformations fiscales ou financières disponibles
Partenaires étrangersDonnées liées aux circuits internationaux

Les crypto-actifs sont suivis dans le cadre de la lutte contre les infractions financières

Tracfin concentre son activité sur les flux susceptibles d’être liés notamment au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme et à certaines fraudes.

Les crypto-actifs peuvent être utilisés dans des circuits financiers complexes, mais leur utilisation ne constitue évidemment pas en elle-même une infraction. Acheter du bitcoin, conserver de l’ether ou transférer légalement des crypto-actifs ne signifie donc pas qu’une opération fait automatiquement l’objet d’un signalement.

Le point déterminant est la présence d’éléments susceptibles de caractériser un soupçon au regard des obligations applicables aux professionnels concernés.

💡 Les cryptomonnaies ne garantissent donc pas l’anonymat

Tracfin ne surveille pas chaque transaction crypto comme un système de surveillance automatique généralisé. Le service dispose en revanche de plusieurs sources permettant d’analyser et de retracer des flux lorsque ceux-ci entrent dans son champ d’investigation.

Les déclarations de soupçon des prestataires crypto et des banques, les données disponibles sur les blockchains, les informations issues des plateformes et la coopération internationale peuvent être combinées pour reconstituer un circuit financier.

La progression des signalements provenant des prestataires de services sur crypto-actifs montre par ailleurs que ce secteur occupe une place croissante dans le dispositif français de lutte contre le blanchiment. En 2025, ces acteurs ont transmis 4 850 déclarations de soupçon à Tracfin.

Pour l’utilisateur, le principe à retenir est donc simple : une transaction effectuée en cryptomonnaie sur une blockchain publique laisse généralement une trace exploitable. L’adresse blockchain peut être pseudonyme, mais les informations recueillies auprès des plateformes, des banques et d’autres organismes peuvent permettre de rapprocher cette activité d’une identité réelle lorsque les conditions d’une investigation sont réunies.

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