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Liquidation woodz groupe : que sont devenus leurs clients ?

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La liquidation de Woodz Groupe, constructeur de maisons à ossature bois basé en Bretagne, a laissé derrière elle un véritable champ de ruines économiques et humaines. Des chantiers stoppés, des familles privées de logement, des salariés licenciés, et des millions d’euros envolés : le scandale secoue tout un secteur qui misait sur l’essor de l’habitat écologique. Alors que la justice a prononcé la liquidation judiciaire de l’entreprise, une question brûle les lèvres : que vont devenir les clients floués et ont-ils une chance de récupérer leur argent ?

Woodz groupe : comment un constructeur prometteur s’est effondré ?

Woodz Groupe n’était pas un petit acteur isolé. L’entreprise s’était fait un nom dans la construction de maisons écologiques, séduisant par son discours environnemental et ses projets modernes en ossature bois. En Bretagne, plusieurs familles avaient vu dans cette société l’occasion de bâtir une maison durable et personnalisée.
Mais derrière l’image séduisante, les finances se sont rapidement fragilisées. Selon les décisions du tribunal de commerce de Vannes, la société était en cessation de paiements dès mars 2023. La rentrée 2024 a marqué le coup de grâce avec la fermeture brutale de ses agences, laissant clients et salariés dans une situation de désarroi total.

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Des familles contraintes de vivre sur des chantiers abandonnés

Le drame est avant tout humain. À Arradon, Quimper ou Lorient, des dizaines de maisons sont restées à moitié construites : fondations coulées mais sans élévation, murs montés sans toiture, terrains envahis par les herbes. Des familles se retrouvent avec des prêts immobiliers à rembourser sans pouvoir habiter dans leur futur logement.
Certaines d’entre elles racontent avoir versé plus de 200 000 euros d’acompte sans voir la moindre avancée réelle des travaux. Dans un cas relayé, une cliente a déboursé 410 000 euros pour un projet stoppé net. Ce type de situation illustre l’ampleur du préjudice, estimé globalement à plusieurs millions d’euros.

Woodz groupe : des salariés sans salaire et des agences désertées

Si les clients sont durement touchés, les employés de Woodz ne sont pas épargnés. Plusieurs d’entre eux affirment ne pas avoir perçu leurs salaires depuis plusieurs mois. Lorsqu’ils ont tenté de reprendre leur poste après l’été, les portes des agences étaient tout simplement fermées.
Ce choc brutal démontre que la chute de l’entreprise ne s’est pas faite du jour au lendemain : les difficultés étaient installées depuis longtemps. Pourtant, aucun plan clair de redressement n’a été proposé, laissant sur le carreau aussi bien les salariés que les clients.

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Combien d’argent les clients risquent-ils de perdre réellement ?

Les témoignages disponibles permettent de donner une estimation chiffrée. Trois dossiers documentés atteignent déjà 885 000 euros de pertes cumulées (225 000 + 250 000 + 410 000 euros). En extrapolant à une vingtaine de dossiers comparables, le montant global pourrait atteindre plus de 4 millions d’euros.
Ces chiffres restent prudents : le nombre exact de clients concernés n’est pas encore consolidé, et certains chantiers étaient financés sur fonds propres, sans garantie bancaire. Dans les faillites de ce type, le taux de remboursement pour les créanciers non prioritaires dépasse rarement 20 %, selon les statistiques du ministère de la Justice. Cela signifie que nombre de familles risquent de ne jamais revoir la totalité des sommes avancées.

Quelles démarches pour les clients floués par woodz groupe ?

La liquidation judiciaire ouverte par le tribunal impose une marche à suivre précise. Les clients lésés doivent :

  • déclarer leur créance auprès du mandataire judiciaire dans les délais légaux, en joignant toutes les pièces justificatives (contrats, factures, virements bancaires, échanges écrits).
  • faire valoir leur statut de consommateur, qui peut leur donner une certaine priorité dans le traitement de leur dossier.
  • se regrouper collectivement, par le biais d’associations de consommateurs ou de cabinets d’avocats, afin de peser davantage face à la procédure.

Cette mobilisation est d’autant plus importante que la récupération dépendra des actifs encore disponibles : terrains, matériel, éventuelles créances détenues par Woodz sur d’autres sociétés

Quelles perspectives pour les clients de woodz groupe ?

Dans les prochains mois, la procédure de liquidation devra dresser un inventaire complet des actifs et fixer les modalités de remboursement. Mais les experts rappellent que dans la majorité des cas similaires, les particuliers ne récupèrent qu’une fraction limitée de leur mise initiale.
Les familles devront donc choisir entre deux options :

  • attendre les conclusions de la liquidation, avec l’incertitude du remboursement.
  • relancer leur projet avec un autre constructeur, ce qui suppose de trouver de nouveaux financements et d’accepter de repartir presque de zéro.

Certaines victimes ont déjà sollicité des expertises indépendantes pour chiffrer la reprise des travaux par une nouvelle entreprise. Mais dans un contexte d’augmentation des coûts de construction, la facture risque de s’alourdir encore davantage.

Pourquoi tant de familles se retrouvent sans recours immédiat ?

Le cas Woodz met en lumière un vide de protection auquel sont confrontés les particuliers qui font construire. Contrairement à l’achat d’un logement terminé, la construction individuelle implique des appels de fonds progressifs. Si l’entreprise disparaît en cours de route, les clients se retrouvent à avoir payé pour une maison inachevée.
En théorie, une garantie de livraison devrait protéger ces ménages. Mais dans les faits, certains contrats ne la mentionnaient pas ou les cautions bancaires étaient insuffisantes pour couvrir les sommes avancées. Résultat : des familles entières se retrouvent dans une spirale financière très difficile.

Woodz groupe : une faillite qui fragilise l’image de la construction bois

Au-delà des clients directement concernés, cette liquidation nuit à la confiance dans tout le secteur de la construction bois, en plein développement en France. Selon les chiffres de l’Union des Maisons Françaises, près de 12 % des maisons neuves construites en 2023 utilisaient une ossature bois, un marché en nette progression ces dernières années.
La faillite d’un acteur comme Woodz, qui avait fait de l’habitat écologique son argument commercial, jette un doute sur la solidité financière de certaines entreprises du secteur. Cela pourrait ralentir les projets de familles tentées par ce type de construction, alors même que les pouvoirs publics encouragent la transition vers des matériaux plus durables.

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